Marché Cours Mirabeau et Barques

Un article de Le petit narbonnais.

Marché du Dimanche
Marché du Dimanche
  • " Le jeudi toute la journée et le dimanche matin. Ces marchés de plein air ont été déplacés au Quai Vallière
 Jour de Marché en 1900
Jour de Marché en 1900

Narbonne.


[modifier] Tous les jeudis

  • A Narbonne se tient un marché public qui réunit des commerçants ambulants venant des quatre coins du département.
  • Cette tradition a son origine dans l’arrêt du Conseil d’Etat du roi Louis XV, tenu à Versailles le 5 avril 1735. Le roi Henri III avait déjà accordé aux narbonnais le privilège de tenir deux foires franches à perpétuité par ses lettres de patentes du mois de janvier 1585, mais un siècle plus tard ces foires furent tranférées l’une à Pezenas, l’autre à Montagnac, ce qui fut la première cause de la diminution du commerce de Narbonne.
  • Le commerce cessa complètement après que fut construit le canal de communication entre Narbonne' et le canal des deux mers. En effet, les villes de Béziers, d’Agde et de Montpellier avaient tiré profit du nouveau canal pour attirer les courants commerciaux qui, autrefois, transitaient par Narbonne.
  • La situation était catrastophique pour la ville, déjà privée de son trafic maritime. Il fallait donc remédier au mal que causait cette dérive en instaurant tous les jeudis un marché public. Cette initiative ne portait nullement atteinte aux villes voisines, dont les marchés se tenaient le vendredi à Béziers et le samedi à Pézenas.
  • Une requête fut présentée au roi par les Consuls et habitants de Narbonne, après que les villes de Narbonne et Béziers en eurent libéré le 2 mai 1734 et le 7 février 1735 . “C’est sur l’avis du sieur de Bernage de Saint-Maurice, Conseiller d’Etat, Intendant du Languedoc et de sieur Orry, Conseiller d’Etat, Conseiller ordinaire du Conseil royal, Contrôleur des finances, que sa Majesté a permis aux Consuls et habitants de Narbonne, de faire tenir un marché dans la dite ville le jeudi de chaque semaine.” L’arrêté fut pris en Conseil d’Etat du roi tenu à Versailles le 5 avril 1735.

[modifier] Depuis, la tradition se perpétue

  • Le marché du jeudi connaît un succès toujours important. Mais sa période la plus faste de la proche histoire, fut au début du XXe siècle, alors que la viticulture tenait une place importante dans l’économie régionale. Le marché du vin se tenait tous les jeudis sur les Barques de Cité.
  • Viticulteurs, négociants en vin, courtiers, propriétaires, banquiers, se rencontraient pour commenter la semaine viticole et vinicole et décidaient du cours des vins, en fonction de la situation, de l’offre et de la demande, des mouvements financiers et divers autres facteurs techniques. On achetait, on vendait, on négociait. Cela réunissait beaucoup de monde. Tous les propriétaires viticulteurs de la ville, des villages voisins, du Minervois, des Corbières, se donnaient rendez-vous au marché de Narbonne. Ils se déplaçaient généralement en famille, et pendant que les hommes s’occupaient de leurs affaires, les femmes allaient faire leurs achats dans les boutiques ou sur le marché, puis rejoignaient leurs époux dans un café. Il y avait quatre cafés sur le Cours de la République: le café des 89 départements
  • Aujourd’hui Le Cristal, le café Continental (aujourd’hui occupé par le Crédit Lyonnais), le café de France, puis le café Glacier (aujourd’hui Caisse de Crédit Agricole). Il y avait aussi à l’angle du Boulevard Gambetta et du Quai Victor-Hugo, le café Bonnet qui devint la Rotonde. Un peu plus loin, en descendant le Quai, sur l’emplacement de l’Imprimerie Graphisud, se trouvait le Café des Platanes. Toujours sur le Boulevard Gambetta, jouxtant le Crédit Agricole, se trouvait le café Cloquel, qui existe toujours. Tous ces établissements travaillaient très fort tous les jours de la semaine et particulièrement le jeudi et le dimanche.
  • La concurrence était âpre et l’on vit avant la deuxième guerre mondiale, des toiles de cinéma envahir Les Barques, chaque café y projetait des films. Au début du XXe siècle, on a vu sur le marché des Barques, le jeudi, des fortune diverses se faire et se défaire. La viticulture traversa une crise sans précédent et de nombreux négociants en vin qui avaient fait fortune et contribués à la construction des beaux immeubles du Quai Victor-Hugo et du Quai Vallière, se trouvèrent ruinés. Toute la famille viticole fut touchée par cette crise dont le phylloxéra fut à l’origine. Cela conduisit inévitablement vers un effondrement des marchés et consacra la ruine des vignobles.
  • Les événements de 1907 furent la conséquence de l’exaspération du monde viticole qui choisit la révolte pour défendre sa cause. Dès lors, les marchés du vin du jeudi furent désertés à Narbonne au profit de celui de Béziers le vendredi. Ils continuèrent tout de même, sur Les Barques narbonnaises, par un étalage important de produits et marchandises et l’animation. "
  • Source Henri Malet

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