Léon Blum

Un article de Le petit narbonnais.

En 1er Plan Blum ,à côte du  Dr Achille LACROIX,en 2ème plan  le Sénateur Roux
En 1er Plan Blum ,à côte du Dr Achille LACROIX,en 2ème plan le Sénateur Roux

[modifier] La vie politique narbonnaise

  • Le retour au scrutin uninominal majoritaire en 1928 va permettre d'ouvrir l'une des pages les plus glorieuses de la vie politique narbonnaise. Elle a un nom : Léon Blum.
  • En 1929, Yvan Pélissier disparaît. Les socialistes narbonnais voient son successeur en Eugène Montel et lui offrent l'investiture. Mais Montel se rend à Paris où il propose à Léon Blum de se présenter à Narbonne. Député de la Seine depuis 1919, Léon Blum a été battu en 1928 par l'une des grandes figures du communisme : Jacques Duclos. En panne de circonscription, Blum accepte et transforme une modeste élection partielle de province en un scrutin de portée nationale. On se presse dans les réunions publiques pour écouter ce maître de requêtes au Conseil d'Etat, leader de la S.F.I.O., descendu de Paris et que l'on sait promis au plus grand avenir. Les débats y sont vifs, perturbés par des opposants. Léon Blum a en face de lui, un communiste Raoul Calas, un socialiste indépendant le marquis Paul Duplessis de Pouzilhac et un radical Roger Gourgon devant lequel il l'emportera de 860 voix au second tour.
  • La droite est absente des élections de 1932 à Narbonne et Blum ne fait qu'une bouchée du radical Faucon. En 1936, le directeur du journal l'Insurgé, Emile Sabatier, ne lui pose pas davantage de difficultés.

La ville n'a jamais oublié que la longue marche de Blum vers la présidence du Conseil et le Front Populaire est passée par Narbonne. En donnant son nom à une place, elle a su rendre hommage également à son épouse Thérèse qui a toujours servi de relais entre la population narbonnaise et le député, retenu par son destin national dans la capitale.
(Extrait des Dossiers Législatives - Midi Libre mars 1993 - mai 2002)

Regard humoristique du groupe Defacto
Regard humoristique du groupe Defacto

[modifier] Extrait du discours de Narbonne

"Narbonne... Et j'achèverai en vous disant d'un mot pourquoi j'aime Narbonne.

  • J'aime Narbonne parce qu'elle m'a révélé un des plus beaux types de la nature et du caractère humain ; parce que votre lumière, digne de la Toscane ou de l'Ombrie, baigne à tous les points de l'horizon, des lignes âpres et nobles ; parce qu'ici, comme eût dit Stendhal, “ rien n'est plat ” : parce que le mélange heureux des sangs a produit chez vous une race ardente, fière, généreuse, capable de toutes les exaltations et de tous les dévouements.
  • Vous m'avez appris, à moi homme du Nord, qui n'avais guère quitté ma ville, que la chaleur méridionale n'était pas, comme les moqueurs se l'imaginent, une agitation factice tenant à la loquacité, au geste, à l'accent, mais une ardeur vraie, dégagée par une vraie flamme - ardeur de passion et de raison - flamme du cœur et de l'intelligence. J'ai compris cela jusqu'au fond de moi-même.
  • Pour être tout à fait des vôtres, il ne me manque aujourd'hui que l'accent. Peut-être me viendra-t-il un jour sans que je n'en doute, comme les premières dents poussent aux enfants. Acceptez cette profession de foi - qui est presque, comme vous le voyez, une déclaration d'amour et croyez-la désintéressée.
  • Pardonnez-moi cette excuse est encore un rite d'avoir retardé l'heure où vous allez vous échapper d'ici, et soyez remerciés d'avoir ramené mon souvenir vers un temps paisible et heureux, mais déjà bien lointain, hélas ! celui où j'avais votre âge !

Léon Blum

  • Lycée de Narbonne, compte rendu paru dans Le Populaire, le 25 juillet 1931.
  • (Léon Blum, battu par Jacques Duclos lors des législatives de 1928 à Paris, avait été élu député de Narbonne, lors d’une partielle en 1929.)

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