Félix Aldy

Un article de Le petit narbonnais.

Sommaire

[modifier] Félix Aldy

  • Député de Narbonne interpelle le gouvernement sur les mesures en préparation évènements de 1907 et exige une discussion immédiate.
  • Lorsque la séance reprend le 21 juin, la situation est plus grave encore : à Narbonne, l’armée a fait quatre morts de plus (une cinquième victime mourra le lendemain), la préfecture de Perpignan a été incendiée, des émeutes ont éclaté à Montpellier et le 17e régiment d’infanterie, que l’on voulait éloigner de Béziers, s’est mutiné à Agde.
  • Ce jour-là, les interventions les plus importantes sont celles de Clemenceau et des députés du Midi, Aldy, Brousse, Leroy-Beaulieu, député de l’Hérault (droite républicaine) et Fernand de Ramel, député du Gard (droite royaliste).

[modifier] La séance commence par l’évocation de la mutinerie

  • Répondant à la relation du président du conseil Clemenceau, Félix Aldy prend la défense des mutins, un extrait

[modifier] Aldy (…)

"Ceux qu’on appelle des émeutiers et qui sont simplement des malheureux se sont groupés. Ils ont cru, dans ce pays de liberté, pouvoir se réunir pour clamer ensemble leur détresse. Ils n’avaient qu’un but : appeler sur eux l’attention des pouvoirs publics qui, pensaient-ils n’avaient qu’une préoccupation insuffisante de leurs intérêts. (Mouvements divers.)… Ce que réclamaient les viticulteurs, c’était le vote d’une loi de protection efficace contre la fraude. Ils avaient annoncé partout que, pour atteindre ce but, ils organiseraient la grève administrative. Ils ont cru dans leur esprit simpliste… "(Exclamations à gauche – Mouvements divers.)

[modifier] Réponse du président

"Je vous en prie, Messieurs, veuillez épargner à l’orateur et à la Chambre ces manifestations."

[modifier] Aldy (…)

  • "Les manifestants ont pensé, dans leur esprit simpliste, qu’ils pouvaient légalement arriver jusqu’à la démission des municipalités, puisqu’ils avaient annoncé en tous lieux leurs intentions à cet égard ; ils les avaient proclamées partout. Le gouvernement ne les ignorait pas ; on l’avait prévenu dans des réunions où il y avait jusqu’à 600 000 manifestants. (Applaudissements à l’extrême gauche)…
  • Pour sortir de la situation résultant de la démission collective des municipalités, le gouvernement avait deux moyens : il pouvait continuer jusqu’au bout la persuasion, les sages conseils, ou bien recourir à la compression violente. Le gouvernement a opté pour la violence…
  • Pour conclure, Monsieur le président du Conseil, je vous poserai une simple question : étant donné le point d’où vous êtes parti, étant donné que c’est vous qui avez mobilisé les régiments contre la population, que c’est vous qui avez, à mon sens, commis la faute initiale et encouru la première responsabilité (Applaudissements à l’extrême gauche et sur divers bancs de droite), pensez-vous avoir qualité pour prétendre rétablir la paix dans ce pays ? (Très bien ! très bien ! sur les mêmes bancs.) *Je vous demande de vous poser la question à vous-même. Si vous persistez dans la voie où vous êtes engagé, c’étaient hier des manifestations peu importantes ; aujourd’hui, c’est l’émeute ; demain, monsieur le président du Conseil, ce sera la Révolution "(Vifs applaudissements à l’extrême gauche et sur divers bancs à gauche et à droite).

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