Ernest FERROUL

Un article de Le petit narbonnais.


Sommaire

[modifier] Député de l'Aude dès 1888

  • Maire de Narbonne à partir de 1900, meurt en fonctions le 29 décembre 1921. Ferroul rejoint les rangs du Parti socialiste sans jamais se laisser enfermer dans un système. Pionner du 1er Mai en France, il participe à de nombreuses luttes sociales.
  • Homme d'action, médecins des pauvres, rêves de construire un socialisme à l'échelle

humaine, en essayant de relier histoire régionale aux valeurs de la République sociale.

  • Ses coups de gueule et ses métaphores, qu'il utilise comme des poignards contre les préfets et les ministres, sont restés célèbres. Ses écrits sulfureux et sa parole subversive, en occitan aussi bien qu'en français, plaisent dans ce pays de vignes avide de controverses.

Source: Ferroul, Ni Dieu, Ni Maître

[modifier] La crise viticole de 1907

e trouve en première ligne aux côtés de Marcelin Albert, d'Argeliers, initateur de la révolte des vignerons du Midi de 1907. Ses discours enflammés et sa rudesse vis à vis du pouvoir parisien font de lui le personnage emblématique de tout le Midi. Emprisonné le 19 juin 1907, Ernest Ferroul est le tribun des vignerons du Midi. Dans la foulée, il fonde et préside la Confédération Générale de Vignerons du Midi (C.G.V.M.) le 22 septembre 1907, il est élu Conseiller Général de l'Aude, dans de nombreux cantons lors des élections d'octobre 1907. Il reste au XXIe siècle une personnalité légendaire et vénérée de tout le Midi et de la Ville de Narbonne, laissant le souvenir du tribun rouge solidaire des opprimés, de l'élu dévoué pour les vignerons, pour sa ville de Narbonne et pour ses concitoyens, à la forte conviction socialiste. En déférente reconnaissance, dans de nombreuses communes du Midi, une rue, une avenue, un boulevard portent son nom. Il est l'inspirateur de la SFIO de l'Aude qui devient terre socialiste face aux radicaux dès les années 1920 sous l'impulsion d'Eugène Montel.

[modifier] Ernest Ferroul, un frère rebelle

Par L'Express, publié le 29/09/2005

«Docteur des pauvres» pour les uns, «félibre rouge» pour les autres... Ernest Ferroul, maçon haut en couleur, a marqué les esprits et l'histoire de Narbonne (1). Aujourd'hui, un boulevard et une rue portent son nom et une statue lui rend hommage, avenue Frédéric-Mistral.

Né à Mas-Cabardès en décembre 1853, Ferroul s'installe à Narbonne en 1880. L'année suivante, il fonde, avec d'autres frères, la Libre Pensée, loge affiliée au Grand Orient. Médecin au grand coeur (il soigne gratuitement les plus démunis), sensible à la condition ouvrière, il collabore au journal L'Emancipation sociale, puis adhère au Parti ouvrier français en 1888. Un engagement politique qui lui réussit: la même année, Ferroul est élu député puis, trois ans plus tard, maire de Narbonne. Un poste qu'il conservera jusqu'à sa mort, en 1921.

Tribun hors pair, Ferroul s'illustre en démissionnant du Grand Orient, en 1904, quand le gouvernement d'Emile Combes demande aux maçons de fournir des renseignements sur les convictions politiques et religieuses des fonctionnaires (c'est l'affaire des fiches). Une rupture qui ne l'empêchera pas de conserver, jusqu'à la fin de sa vie, des liens avec les frères. En 1907, nouveau fait d'armes: pour défendre le revenu des viticulteurs, il appelle les maires du département à la désobéissance civique et prend la tête de la révolte des vignerons du Midi. Face à l'intransigeance du gouvernement Clemenceau, il jette son écharpe tricolore et fait hisser le drapeau noir sur l'hôtel de ville. Une attitude qui lui vaut plusieurs jours d'emprisonnement, mais aussi, à l'issue de la crise, une élection à la tête de la Confédération générale des vignerons... Le Languedoc, terre indocile, a toujours aimé les rebelles.

[modifier] Autres Liens