Croix Wisigothique

Un article de Le petit narbonnais.

[modifier] Croix Triomphante de la Narbonnaise Wisigothique

  • Narbonne et ses environs ont produit, dans le haut Moyen Age, une variante particulière du thème de la croix triomphante.

[modifier] La plaque de Narbonne à la croix a un décor très élaboré

  • La croix :
    • Elément central : croix chrétienne, modèle manuel disposant d’un petit manche permettant de saisir l’objet pour mieux le signaler à l’attention et à la vénération des croyants.
    • Seul modèle à rassembler autant de qualificatifs

quadrata, manuelle,pattée, bifide, perlée, recercelée, alpha&oméga appendus aux bras horizontaux.

    • croix immisa d’origine orientale datée fin V° siècle sous le règne d’Alaric II.
  • Les personnages :
    • Deux personnages bien typés occupent le tiers inférieur de la plaque.

Un debout désignant la croix de sa main gauche ; l’autre assis tient la croix de sa main droite Présentés de face et non de profil comme c’était l’usage Seuls les visages sont identiques. Habillement différent (seul le tissu est identique)

  • L’animal :
    • Au pied du personnage tenant la croix, le sculpteur a représenté un animal qui a première vue laisse à penser qu’il s’agit d’un chien domestique. On constate cependant que l’anima narbonnais a une forme très allongée, 4 pattes, une queue relevée qui se termine par une spire, des écailles sur le corps et surtout une tête spéciale formée d’un gros oeil dans un crâne en forme de bosse prolongé par une gueule aux mâchoires allongées. C’est la définition même du crocodile égyptien. L’animal n’est pas enchaîné contrairement aux monnaies nîmoises, ce qui signifie que le personnage au pied duquel il veille est un familier, selon toute vraisemblance, un moine égyptien.
  • Les oiseaux au canthare :
    • La croix de Narbonne est surmontée du motif classique de deux oiseaux s’abreuvant au canthare. Le dessin des oiseaux narbonnais est celui de colombes.
  • Les formes géométriques :
    • L’étoile de gauche (en forme de marguerite) comporte sept rais et non pas six ; celle de droite n’en comporte que six. La rosette ou la marguerite de 6 pétales est associée, tant à Narbonne qu’à Rome, à l’oméga, et celle à 7 pétales à l’alpha.


[modifier] La plaque à la croix triomphante

  • Elle a été trouvée dans les murs de La Major ou église des Pèlerins dont la plus ancienne appellation connue est Sainte Marie-de-Cité. C’est aussi dans les murs de La Major que se trouvait l’autre plaque aux animaux.
  • Il apparaît donc que la plaque à la croix triomphante a été sculptée à Narbonne dans du marbre local par un ornemaniste chrétien oriental dans la première moitié, voire le premier quart du V° siècle.
  • Le lébiton de lin plissé et la présence insolite d’un crocodile passif permettent d’identifier le personnage assis comme étant Saint Antoine le Grand, accompagné d’un homme du peuple égyptien reconnaissable à son chendjit. La composition du décor ainsi que plusieurs de ses éléments nous incitent à voir la main d’un artiste chrétien émigré, d’origine chaldéenne ou élamite ayant séjourné en Egypte avant de franchir la Méditerranée dans le flot d’immigrants venus de la côte orientale.
  • Source: d’après l’ouvrage de Jean Cassaigneau « croix triomphante de la narbonnaise wisigothique »