Boulevard Lacroix

Un article de Le petit narbonnais.


[modifier] Lieu

  • Vestiges du bastion Montmorency au 34, boulevard Dr Achille LACROIX dans la cave de l'ancienne maison
  • Parcelle AT 580


[modifier] Une section du parement de l’ancien bastion Montmorency

  • "Informé de la présence de ce vestige par Olivier Ginouvez, archéologue de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (I.N.R.A.P.), lui-même prévenu par Monsieur Roger, propriétaire de la maison, j’ai pris contact avec ce dernier pour accéder au site. La visite a été effectuée le 28 mai 2005.
  • Elle a donc permis de constater qu’une portion de la face sud du Bastion Montmorency, légèrement en biais par rapport à la façade de la maison, servait de soutènement à cette dernière et de mur d’appui à la cave. D’autres blocs en grand appareil, probablement récupérés dans les assises supérieures du bastion, lors de sa démolition en 1869, ont été réutilisés dans les autres murs de la cave.
  • Les 24 et 25 mars 2011, en prévision de la démolition programmée de la maison, un diagnostic archéologique a été réalisé par l’I.N.R.A.P, en collaboration avec le service Culture et Patrimoine de la Ville de Narbonne, dans la cave du n° 34.
  • A cette occasion, les vestiges ont pu être nettoyés. Le dégagement du parement du bastion a été étendu autant que possible et dans le mur arrière de la cave, une inscription funéraire d’époque romaine, hélas incomplète, a été mise au jour, parmi d’autres blocs de remploi présentant quelques traces arasées de sculpture.
  • La présence de ces éléments antiques n’a rien de surprenant. Elle prouve seulement l’intense réutilisation dont ils ont fait l’objet, lors de la construction des différents remparts de Narbonne, en particulier les fortifications du XVIe siècle. Le bastion Montmorency pour sa part, date des années 1525.
  • La pierre à inscription est un calcaire gris clair d’origine locale (long. 1,08 m ; haut. 0,59 m). Elle est à peu près entière et possède un champ épigraphique légèrement concave, ce qui est inhabituel. C’est la raison pour laquelle sa face de parement a été partiellement retaillée, en prévision de son remploi dans la maçonnerie du bastion, faisant du même coup disparaître le début des trois lignes de l’inscription.
  • On peut lire : [- - - pi]riae M(arci) l(ibertae)/ [- - -]Primae/ [- - -]niculariae. « A ...(Pa)piria Prima affranchie de M(arcus), ...niculariae (nom possible du métier exercée par la défunte) ».


[modifier] Inscription fragmentaire romaine

  • Quant au parement du bastion, avec son fruit caractéristique, il est en place, ce qui permet de fixer l’emprise de l’ouvrage dans le parcellaire actuel. On en voit deux assises de grand appareil, hautes de 0,55 m et 0,53 m, et le début d’une troisième s’enfonçant dans le sol de la cave. L’assise supérieure se trouve à 0,45 m à peine sous le niveau du trottoir extérieur (altitude ngf autour de 5,80 m). On estime qu’au moment du démantèlement des fortifications, les deux tiers de l’élévation originelle des bastions ont disparu.
  • Au total, le parement est donc observable sur 1,36 m de haut et 4,80 m de long au maximum.

Le 23 décembre 2011 s’est achevée la destruction de la maison du n° 34. Depuis cette date, la cave se retrouve à l’air libre. Il a été demandé à l’aménageur de ne pas la remblayer mais au contraire de la conserver en l’état, sous l’immeuble de quatre étages, à construire par l’entreprise Sangali Maratuech au cours de l’année 2012.

  • La cave sera protégée par une dalle de couverture et une trappe d’accès aux vestiges, réservée aux seuls professionnels, sera aménagée, à partir du local commercial prévu en rez-de-chaussée."
  • Texte de Dominique Moulis Archéologue Ville de Narbonne