Avion Place Bistan

Un article de Le petit narbonnais.

Sommaire

[modifier] Cela c'est passé le 26 octobre 1940

  • L'événement avait fait grand bruit quand l'avion est tombé, des anciens narbonnais en parlent encore...Mais nulle trace dans la presse locale???
Photo 2011
Photo 2011


[modifier] Ce jour là malgré l'intervention des commerçants de la place

  • Notamment les meubles Gaston et des personnes témoins du drame, l'officier aviateur René Gady âgé de 28 ans et le sergent Jean Lucien Joly âgé de 21 ans ont trouvé la mort, les deux pilotes du groupe 2/54 de Lézignan n'ont pu être sauvés. Alors que L'officier GADY était un des rares survivants de l'attaque du 12 mai (3/4 des avions abattus).Que s'est-il passé ce jour là?

[modifier] Questionnements

  • "C'était un avion de guerre français, plus précisément Bréguet 693 un bombardier assez imposant. Dans cette affaire plusieurs questions demeurent : pourquoi un avion de guerre français volait-il avec deux militaires français ? Pourquoi le mitrailleur a t-il été déclaré "mort pour la France" alors que le sous-lieutenant pilote a été déclaré "mort tout simplement"? Pourquoi le copilote n'a t-il pas sauté en parachute alors qu'il en avait largement le temps?" R.J


[modifier] Quelques réponses

  • "Le 26 ocobre 1940,le sous lieutenant Gady originaire d'Ansac sur Vienne dans les Charentes, ainsi que le sergent Joly natif du Havre sont affectés depuis le 15 aout 1940 à Lézignan Corbières. Depuis cette date, leur unité de bombardement a été dissoute par les autorités du gouvernement de Vichy, et leur unité basée depuis le mois de juin à Toulouse à été regroupée sur Lézignan. Il ne reste alors à cette date que 6 avions rescapés de la défaite du mois de mai. En effet les 6 Bréguets 693 basés à Lézignan ne sont pas dans un état exceptionnel. Ce jour là, les 2 militaires font un vol de maintenance dans le ciel du narbonnais. La météo de ce jour d'automne est bonne et rien ne laisse présager un incident quelconque.
  • L'avion qui se trouvait à une altitude assez élevée commence à entamer une vrille sur le coté, sans que le son du moteur change d'intensité, on pense alors, mais ce n'est qu'une hypothèse à une rupture de palonnier rendant l'avion incontrôlable.
  • L'appareil amorce une chute qui ressemble comme l'on dit les témoins de l'époque à une feuille morte qui descend. Il est fortement probable que les occupants ont largement le temps de sauter en parachute, mais ils essayent de reprendre le contrôle du bombardier, à plusieurs reprises le nez de l'avion se redresse, voyant que le choc est inévitable, ils visent la place Bistan pour limiter les dégâts et les victimes dans la population.
  • Certains témoins, diront, mais cela me parait peu probable qu'ils ont vu les occupants de l'aéronef faire de grands signes aux personnes se trouvant sur la place afin qu'elles s'écartent...cela prouve que la descente n'était pas trop rapide...
  • L'avion, au dernier moment rate la place Bistan, aujourd'hui Place du FORUM et s'écrase sur la maison Molinier distante d'une dizaine de mètres de l'école maternelle Bistan. Heureusement, la maison haute de 3 niveaux est vide à cette heure ci de ses occupants , on est vraiment passé très prés de la catastrophe, la maison est entièrement détruite.
  • Le mitrailleur, Joly est tué sur le coup, le pilote , sous lieutenant Gady est déclaré mort à l'hôpital de Narbonne.Cet officier aviateur était fort expérimenté, et il s'était largement distingué lors de la bataille aérienne du 12 mai 1940 au dessus de Saint Trond. Dans les archives militaires des soldats morts pendant la deuxième guerre mondiale, il est curieux de constater que le Sergent Joly à été déclaré "mort pour la France" alors que le pilote, le Sous Lieutenant Gady est déclaré mort tout simplement." R.J Pourquoi????

[modifier] Le Breguet Br.693

  • C'était un bimoteur biplace, dans lequel le pilote-bombardier-navigateur et le mitrailleur étaient placés dos à dos. Cet appareil de bombardement léger, adapté à l'assaut, atteignait une vitesse de 360 km/h.La version 693 fut mis en place pour des mission d'assaut.Il vola pour la première fois le 25 octobre 1939 et fut utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale.

[modifier] Il y a 71 ans …Par Henri Malet

[modifier] Le 26 octobre 2011

" Nous commémorerons un anniversaire douloureux pour notre ville. C’était en 1940, en effet, en pleine guerre, un avion Bréguet 693, rejoignant la base aérienne de Lézignan, est tombé sur un immeuble de la place Bistan. Il n’y eut pas heureusement de victimes civiles, mais hélas, le pilote et le mitrailleur de l’avion y trouvèrent la mort. Je me souviens très bien de l’événement. J’avais treize ans et j’étais en classe de quatrième à l’Ecole Beauséjour, qui s’appelait à cette époque le « Petit Séminaire » dit « le Sem ».
Ce jour-là, il ne devait pas être loin de midi, nous avons entendu une explosion qui nous laissa perplexe, tant elle était puissante, telle que nous l’avons ressentie. Les vitres des fenêtres de la classe tremblèrent, mais il n’y eut pas de casse.
Je me souviens, le Surveillant Général vint nous trouver et invita les externes à regagner leur domicile en empruntant la rue Louis Blanc, car un avion s’était écrasé sur la place Bistan et le secteur était bouclé par la police et les pompiers. On nous recommanda de ne point essayer d’aller voir ce qui se passait. Peine perdue, car sitôt sorti de l’école, nous nous rendîmes, avec quelques camarades, Avenue Foch.
L’avenue était barrée et il y avait beaucoup de monde. Nous avons pu voir, cependant, du coin de l’Ecole Pratique (maintenant Gymnase le Soleil, en face de la  Maison de la Formation une épaisse fumée, toute noire, qui s’élevait au-dessus de l’immeuble sinistré.
On distinguait très bien, lorsque la fumée devenait par moment moins dense, une aile de l’avion piquée au sol à 45°. qui se consumait. Nous apprîmes que les aviateurs étaient morts et qu’une femme, soulevée par la déflagration avait été projetée sur la corniche du porche de la maison, à six mètres de hauteur. Elle était là, en équilibre instable, figée par la peur, défiant le vide.
Ce sont les pompiers qui la sortirent indemne de cette fâcheuse position.

La presse locale ne fit aucun écho à cette catastrophe, pour le moins exceptionnelle, car ne ce n’est pas tous les jours qu’un avion s’écrase en plein centre-ville. Par contre les langues allèrent bon train.

Certains prétendaient que l’avion était un Bréguet d’autres certifiaient qu’il s’agissait d’un LEO47. C’était bien un Breguet 693 de l’armée de l’air française.

L’aviation française connaissait, en cette année 1940, une rude situation. Les unités basées en France furent dissoutes par les Allemands et les avions furent récupérés par Vichy et stockés en zone libre. C’est ainsi que Lézignan

devint une base aérienne, placée sous le commandement du Commandant Reffay.

  • Mais d’où venait cet avion?
  • Vraisemblablement de la région lyonnaise ou bien d’Istres, il regagnait la base aérienne de Lézignan, lorsqu’il décrocha et se mit en vrille au dessus de Narbonne pour s’écraser sur la place Bistan, devenue aujourd’hui, Place du FORUM.
  • Cet accident fit deux victimes, le Sous/Lieutenant René Gady, né le 25 mai 1912 à Ausac s/ Vienne, du groupe de bombardement 2/54, curieusement déclaré «  non mort pour la France », et le Sergent Jean-Lucien Joly, né le 17 avril 1919 au Havre, qui lui, a été déclaré «  mort pour la France ». On n’a jamais su pourquoi.Peut-être était-ce pour sa qualité de mitrailleur. En effet le pilote et le mitrailleur se tournaient le dos dans le Bréguet 693 et le poste était considéré comme le plus exposé.

De même on n’a jamais su quelle était l’origine de l’accident.

  • Le Bréget 693 était connu pour être un avion difficile à manœuvrer à faible altitude, pisque ses moteurs étaient réglés pour ne donner leur pleine puissance qu’à 3000 mètres. On peut donc envisager la panne de carburant qui fit perdre de l’altitude à l’avion lequel devint alors incontrôlable. Il décrocha au dessus de Narbonne.

On parla pendant longtemps de ce crash et la maison sur laquelle tomba l’avion resta en ruine de nombreuses années. A quelques dizaines de mètres près, cet accident aurait pu faire de nombreuses victimes d’enfants à l’école Jeanne d’Arc, à Beauséjour et au Collège Victor-Hugo. Aujourd’hui on parle peu de cette catastrophe.

  • On peut regretter, que les municipalités de Narbonne qui se sont sucédées depuis, n’aient pas pensé à élever une stèle , pour honorer la mémoire des deux jeunes aviateurs de l’Armée Française, morts en service commandé.
  • Extrait des souvenirs d’enfance d'Henri Malet:Blog d'Henri Malet


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